La fermeture du musée et le chantier de rénovation ont été l’occasion de s’intéresser à l’ensemble des collections de la Ville, y compris celles oubliées, comme le fonds d’atelier du sculpteur villeneuvien Émile Peynot (1850-1932). Restées des décennies dans un hangar des services techniques de la Ville, des centaines de moulages en plâtre font aujourd’hui l’objet d’un sauvetage.
Dans le cadre du chantier de rénovation du musée, la Ville a été confrontée à une situation d’urgence : le fonds d’atelier d’Émile Peynot, constitué de centaines de figures et de groupes monumentaux, subissait de très mauvaises conditions de conservation. Elle a donc engagé un déménagement complet de cette collection et lancé un travail d’inventaire et de sauvegarde, conduit selon une méthodologie rigoureuse, avec l’appui du service des Musées de France et de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté. Par cette intervention, Sens sauve un héritage majeur d’un grand sculpteur du XIXᵉ siècle, lauréat du prix de Rome, et auteur de notre monument aux morts, place des Héros.
Redonner vie à un patrimoine aussi fragile que précieux
Chaque moulage a fait l’objet d’un dépoussiérage minutieux, d’un constat d’état, de prises de vue photographiques, d’un récolement et d’un reconditionnement sur supports adaptés. Le travail de fond, mené avec les restaurateurs, a permis non seulement de protéger les œuvres, mais aussi de mieux comprendre leur histoire. « L’état de dégradation des œuvres était alarmant et les conditions de stockage, inadaptées », souligne le restaurateur Augustin Laforêt. « Il ne s’agissait pas encore de restaurer les plâtres, mais de les sauver, d’améliorer leur conditionnement et de préparer leur avenir. »
Des découvertes inattendues
Au cours du chantier, une caisse de transport de 1906 a été ouverte, révélant un moulage inédit de Peynot, encore emballé dans sa paille d’origine. Une découverte qui confirme l’intérêt scientifique et artistique de ce fonds.
Une richesse patrimoniale retrouvée
Ces plâtres documentent des monuments parfois disparus ou modifiés, comme le Monument de la République à Lyon. Ils constituent ainsi un témoignage unique de l’art public de la Troisième République et de l’imagination d’un sculpteur majeur pour Sens dont la notoriété fut internationale.
Un avenir pour le public L’ambition de la Ville de Sens ne s’arrête pas à la sauvegarde : ces œuvres intégreront progressivement le parcours muséal repensé du Musée de Sens, aux côtés de peintures, vitraux et dessins restaurés. Les Sénonais pourront ainsi découvrir la force expressive des modèles en plâtre, saisir le geste original de Peynot et redécouvrir l’histoire des monuments de leur cité.




