Brennus et les sculptures du musée reprennent vie

  • 12 janvier 2026

Dans la refonte du parcours muséal, quatorze sculptures en plâtre ont été restaurées, dont le monumental Brennus d’Anatole Guillot, épreuve de 3,50m du bronze qui surplombe l’Hôtel de Ville. Une pièce maîtresse des collections que le public redécouvrira dès le 24 janvier.

Longtemps installée dans la cage d’escalier, la statue du chef militaire des Sénons bénéficie désormais d’un espace spécialement conçu pour elle. L’épreuve en plâtre y révèle pleinement sa monumentalité. Au fil du XXᵉ siècle, la sculpture a toutefois subi plusieurs repeints destinés à uniformiser sa blancheur et à masquer l’usure. La campagne de restauration engagée en octobre 2025 vise à restituer son apparence originelle.

« Le nettoyage a révélé plusieurs couches de badigeon qui masquaient les volumes, les textures et même les traces d’outils de l’artiste. Sous ces couches, nous avons retrouvé les marques de moulage d’origine ayant servi à couler la version en bronze installée à l’Hôtel de Ville », explique Sarah Garel, l’une des quatre restauratrice-conservatrice mobilisées.

Redonner voix aux œuvres

Pour la professionnelle, restaurer une sculpture revient à remonter le fil de sa fabrication : « C’est de l’archéologie. On redécouvre les traces historiques et le travail de l’artiste. On comprend comment l’œuvre a été conçue, utilisée, parfois modifiée. »

La démarche repose sur une connaissance précise des matériaux. Le plâtre, notamment, exige des techniques adaptées : « Le plâtre est très sensible à l’eau. Nous utilisons donc des gels spécifiques pour éviter toute infiltration. Avant chaque nettoyage, nous faisons des tests. »

Les restauratrices privilégient ainsi les gels pelables à base d’attapulgite, une pâte d’argile et de cellulose appliquée au pinceau. En séchant, elle retire les salissures et les couches altérées sans toucher au matériau originel. Pour les zones les plus fines – comme celles des plâtres d’Emile Peynot –, elles recourent même à de la salive synthétique, une solution douce et extrêmement précise.

Ces interventions, soutenues par 88 000 € de subventions de l’État et de la Région, redonneront au public l’accès à des œuvres dont la présence avait été atténuée par le passage du temps.

Devenir restauratrice-conservateur d’art spécialisée

Restauratrice spécialisée en sculpture, Sarah Garel est diplômée d’un master en conservation-restauration et titulaire du Label « Musée de France », indispensable pour intervenir sur des œuvres du patrimoine national. Elle travaille ici aux côtés de Gaëlle Ferdek, Jonathan Camara et Amélie Montreau, également habilités.

En France, seules quatre écoles forment à ce métier d’excellence : Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Institut National du Patrimoine, les Beaux-Arts de Tours et les Beaux-Arts d’Avignon.
La formation, d’une durée de cinq ans, combine enseignements scientifiques et pratique intensive au contact direct des œuvres.

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