Architecture

Le palais des archevêques

Un monument au cœur de l’histoire

Situé au sud de la cathédrale, le palais des archevêques de Sens constitue l’un des ensembles monumentaux les plus remarquables de la ville. Classé Monument Historique, il a été la résidence des archevêques du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle, avant d’être transformé en musée à partir des années 1980.

Une architecture aux multiples visages

Le palais se compose de quatre ailes disposées autour d’une cour centrale, réparties entre espaces privés, bâtiments de service et fonctions administratives.

À l’est, l’aile Henri II, construite au milieu du XVIème siècle par le cardinal Louis de Bourbon (1536-1557), abrite une galerie d’apparat menant à la chapelle privée des archevêques, devenue aujourd’hui le Trésor de la cathédrale.

Au sud, l’aile François Ier (ou Louis XII), érigée par l’archevêque Étienne Poncher (1519–1525), accueillait les appartements privés de l’archevêque. Sa façade intérieure est ornée d’une frise décorative typique de la Renaissance : tête de Maure, coquille et blasons. Très endommagée, elle a perdu son premier étage en 1816, avant d’être restaurée à la fin du XIXème siècle.

Toujours au sud, l’aile des écuries, reconstruite en 1759, servait aux cochers et chevaux de l’archevêché.

À l’ouest, le passage de Moïse, datant également du XVIème siècle, relie le palais à la cathédrale par un passage réservé aux archevêques. Il doit son nom au portail de Moïse, situé sur la façade sud de la cathédrale, et se distingue par ses décors sculptés côté rue.

Un puits décoré d’un motif en écailles, contemporain de l’aile François Ier, est encore visible et accessible depuis les caves.

Plan du groupe archiépiscopal par l’architecte Edouard Berard, Signé et « vu pour être annexé au décret d’affectation en date du 14 février 1911 », Papier contrecollé, Médiathèque du patrimoine et de l’architecture, G/82/89/1015-014504

Du palais à l’école, puis au musée

Confisqué à la Révolution comme Bien national, le palais passe entre les mains du Département, de la Ville puis de l’État. En 1822, une partie est rendue à l’Église, mais après la loi de Séparation des Églises et de l’État (1905), la Ville de Sens rachète les bâtiments. Elle y installe une École primaire supérieure de jeunes filles, qui devient ensuite collège, lycée et internat jusqu’aux années 1960.

Ce n’est qu’à partir des années 1980 que l’ensemble est entièrement restauré pour accueillir les collections du Musée de Sens. Les premières salles ouvrent en 1985, réunissant les fonds de l’État, de la Société Archéologique de Sens et de la Ville.

Un site à explorer

La cour intérieure, autrefois divisée entre jardin de l’archevêque et passage vers la cathédrale, a fait l’objet de fouilles archéologiques entre 1982 et 1984, révélant notamment un vestige d’habitat gallo-romain conservé dans les salles souterraines du musée.

Aujourd’hui, le palais des archevêques est à la fois un monument d’exception, un centre d’exposition et un témoin vivant de l’histoire de Sens, à découvrir en lien avec la cathédrale et les jardins.

Le Palais Synodal

Un témoin unique du pouvoir spirituel et judiciaire

Adossé au palais des archevêques, le Palais synodal est un édifice médiéval exceptionnel, construit entre 1222 et 1241 sous l’archevêque Gautier Cornut. Il accueillait les assemblées ecclésiastiques du diocèse de Sens, l’un des plus influents de France au Moyen Âge.

Une architecture au service du pouvoir ecclésiastique

Organisé sur deux niveaux, le bâtiment reflète la double autorité de l’archevêque, chef spirituel et seigneur temporel :

  • À l’étage : la grande salle synodale accueillait les réunions d’envergure, notamment les synodes réunissant les clercs du diocèse
  • Au rez-de-chaussée : la salle de l’Officialité, véritable tribunal ecclésiastique, rendait la justice canonique

Dans deux travées de cette salle, des cachots médiévaux subsistent dans leur état d’origine.

Nous n’avons trouvé nulle part un ensemble aussi complet de cachots et de prisons n’ayant subi aucune modification depuis l’époque de leur établissement.

Des murs couverts de mémoire

Les murs de ces prisons du XIIIème siècle, restés intacts, sont couverts de graffiti gravés dans le mortier par les détenus. On y découvre :

  • des scènes religieuses (Crucifixion, Vierge à l’Enfant…)
  • des figures d’ecclésiastiques
  • un cavalier en armure, des fleurs de lys, des inscriptions…

Ces marques silencieuses, parfois superposées, témoignent des espérances, croyances et souffrances de leurs auteurs anonymes.

Un monument restauré et valorisé

Racheté par l’État en 1856, le Palais synodal est classé Monument historique depuis 1862. Après la grande restauration menée par Viollet-le-Duc au XIXème siècle, de nouvelles interventions ont été réalisées en 2013 sur la toiture et les sculptures de façade.

Un lieu d’art vivant

Aujourd’hui, le Palais synodal s’ouvre aussi à la création contemporaine : chaque été, il accueille des expositions d’artistes reconnus tels que Peter Klasen, Claude Viallat, Gérard Schlosser, Gilles Marrey ou Jean Gaudaire-Thor, créant un dialogue inédit entre patrimoine et modernité.

Lieu de pouvoir, de justice et de mémoire, le Palais synodal de Sens est un monument rare en France, à découvrir absolument.

L’Orangerie et son jardin

Un écrin historique pour les expositions

Située à l’ouest de l’ancien archevêché, l’Orangerie actuelle remonte aux années 1740, sous l’impulsion de l’archevêque Mgr Languet de Gergy. Elle succède à une première construction plus modeste, édifiée vers 1688 par Monseigneur de Montpezat. Sa fonction d’origine ? Abriter en hiver les orangers qui ornaient, dès les beaux jours, les cours et jardins de l’archevêché.

Le bâtiment, remarquable par sa sobriété et son élégance, est doté :

  • d’une grande salle voûtée intérieure, soutenue par des piliers en grès
  • d’une façade sud largement ouverte par une porte et deux grandes baies vitrées, ainsi qu’une fenêtre à l’est
  • d’un fronton sculpté, orné de symboles horticoles (arrosoirs, râteau, bêche, cordeaux…)

Les façades et la toiture de l’Orangerie ont été inscrites à l’inventaire des Monuments historiques en 1925.

Au fil du XXème siècle, le bâtiment change d’usage : tour à tour salle de gymnastique, cantine scolaire, il reste lié à la vie quotidienne du collège de jeunes filles installé dans l’ancien archevêché. Depuis 1982, et l’aménagement du palais en musée, l’Orangerie est devenue un lieu d’exposition temporaire ouvert toute l’année.

L’Orangerie : du patrimoine arboré aux expositions culturelles

Située à l’ouest de l’ancien archevêché, l’Orangerie actuelle remonte aux années 1740, sous l’impulsion de l’archevêque Mgr Languet de Gergy. Elle succède à une première construction plus modeste, édifiée vers 1688 par Monseigneur de Montpezat. Sa fonction d’origine ? Abriter en hiver les orangers qui ornaient, dès les beaux jours, les cours et jardins de l’archevêché.

Le bâtiment, remarquable par sa sobriété et son élégance, est doté :

  • d’une grande salle voûtée intérieure, soutenue par des piliers en grès
  • d’une façade sud largement ouverte par une porte et deux grandes baies vitrées, ainsi qu’une fenêtre à l’est
  • d’un fronton sculpté, orné de symboles horticoles (arrosoirs, râteau, bêche, cordeaux…)

Les façades et la toiture de l’Orangerie ont été inscrites à l’inventaire des Monuments historiques en 1925.

Au fil du XXème siècle, le bâtiment change d’usage : tour à tour salle de gymnastique, cantine scolaire, il reste lié à la vie quotidienne du collège de jeunes filles installé dans l’ancien archevêché. Depuis 1982, et l’aménagement du palais en musée, l’Orangerie est devenue un lieu d’exposition temporaire ouvert toute l’année.

Le jardin : une promenade entre histoire et floraisons

Le jardin à la française, qui prolonge l’Orangerie, a été restauré en 1997 sur les plans de l’architecte des Monuments historiques Bernard Collette, d’après les tracés dessinés au XIXème siècle par le cardinal de La Fare. Sa composition allie l’élégance de la Renaissance et la rigueur du XVIIIème siècle.

Aménagé et entretenu avec soin par le service des parcs et jardins de la Ville de Sens, le jardin se divise en deux parties :

  • à l’ouest, des parterres thématiques, renouvelés chaque année selon les saisons et les inspirations
  • à l’est, des massifs horticoles réunissant des plantes dites d’« Orangerie », conservées en hiver en serre froide et identifiées par des étiquettes botaniques

Ce cadre historique et végétal constitue aujourd’hui un véritable écrin pour la culture, où patrimoine, art et nature dialoguent au fil des saisons.

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