L’Âge du Bronze
Mis au jour lors de fouilles fortuites en 1969, le trésor de Villethierry constitue un important dépôt artisanal de 488 épingles, 22 fibules, 41 pendentifs, 71 bracelets, 244 bagues et une pincette.
Restaurée dans le cadre de la refonte du parcours permanent, cette collection de bijoux en bronze a permis de renouveler les recherches sur les techniques du bronzier : en particulier à partir de l’étude des épingles à tête discoïdale.
Sens à l’époque des Sénons
du Vᵉ siècle au Iᵉʳ siècle avant Jésus-Christ
Les Sénons sont l’un des peuples occupant la Gaule celtique entre le Vᵉ et le Iᵉʳ siècle avant Jésus-Christ. Leur territoire s’étend sur une partie des départements actuels de Seine-et-Marne, Essonne, Loiret, Yonne, Aube et Marne.
Il se trouve à la confluence d’axes commerciaux majeurs depuis le nord-ouest de l’Europe jusqu’au monde gréco-romain. Les objets issus de fouilles archéologiques — pièces de monnaies, artisanat, parures — témoignent de l’essor économique de cette civilisation.
La fabrique du mythe gaulois
Certains auteurs de la littérature gréco-romaine associent le peuple sénon à leur participation supposée à la prise de Rome au début du IVᵉ siècle et aux luttes menées à la fin du IIᵉ siècle contre les Romains. Ce récit de la prise de Rome par les Sénons menés par Brennus devient ensuite un lieu commun dans la littérature gréco-romaine, diffusé par le récit de Tite-Live sous le Haut-Empire.
On assiste au XIXᵉ siècle à une reprise de cette construction historiographique pour corroborer le roman national des racines gauloises, dont Brennus constitue une figure majeure, notamment sous la plume des historiens Amédée Thierry et Henri Martin.
Sens à l’époque gallo-romaine
du Iᵉʳ siècle avant Jésus-Christ au IVᵉ siècle
Les Sénons perdent leur indépendance lors de la défaite d’Alésia (52 avant Jésus-Christ), sans avoir joué un rôle décisif dans la guerre des Gaules.
Ils versent une somme d’argent annuelle (tributum) aux Romains. Le territoire se structure alors en cité, au plus tard au Iᵉʳ siècle, avec pour capitale Agedincum (Sens). La capitale réunit ainsi des fonctions administratives assurées par des magistrats, des fonctions artisanales (métallurgie, céramique, verrerie) et religieuses.
Agedincum arbore également la parure monumentale des cités romaines : un amphithéâtre, un probable forum, des thermes, un aqueduc et un sanctuaire périurbain dit la motte du Ciar.
La façade des thermes
seconde moitié du IIᵉ siècle
La façade dite « des thermes » est un ensemble de blocs issus de monuments antiques disparus, réunis à l’initiative de Gustave Julliot, président de la société archéologique de Sens à partir des années 1890.
Cet ensemble richement orné illustre différents thèmes marins : coquilles, divinités sortant des flots, jeunes filles à la toilette. Ceci conduit Gustave Julliot à interpréter cet ensemble comme des thermes monumentaux qu’il situe au début du IIᵉ siècle après Jésus-Christ.
Aujourd’hui, cette interprétation et cette datation ont été revues ainsi que la datation. Il pourrait plutôt s’agir de la façade extérieure de la galerie d’un temple à plan centré. Par ailleurs, le style du décor évoque plutôt un programme de la seconde moitié du IIᵉ siècle, soit à l’époque des empereurs Marc-Aurèle ou Commode.



