Focus sur une œuvre : Port d’Audierne. Matin d’Albert Marquet

  • 30 juin 2026

Une invitation au calme, entre eau et lumière

Avec Port d’Audierne. Matin, peint en 1928, Albert Marquet nous invite à contempler un port breton au début de la journée. Les bateaux sont encore à l’amarre, les quais presque déserts et l’eau du bassin reflète doucement les maisons et les mâts. Tout semble calme et silencieux.

Né à Bordeaux en 1875, Albert Marquet est fasciné dès son enfance par les ports, le mouvement des bateaux et les reflets sur l’eau. Devenu un artiste reconnu, il entreprend de nombreux voyages sur les côtes françaises, de la Méditerranée à l’Atlantique, mais aussi en Algérie, en Hollande ou en Norvège. Partout, il observe les paysages maritimes et les variations de la lumière.

Albert Marquet (Bordeaux, 1875 – Paris, 1947)
Port d’Audierne. Matin, 1928
Huile sur toile, 65 × 81 cm
Signé en bas à droite : « Marquet »
Donation Lucien et Fernande Marrey, 2008
N° d’inventaire : 2008.8.14

Une vue plongeante sur le port

Dans cette peinture, l’artiste représente le bassin d’Audierne depuis un point de vue élevé, probablement une fenêtre. Marquet appréciait particulièrement de peindre depuis une chambre d’hôtel ou un appartement. Il pouvait ainsi observer la ville et ses activités tout en restant à distance de l’agitation.

La composition paraît simple, mais elle est soigneusement organisée. La rambarde du quai et la ligne des maisons dessinent de grandes diagonales qui guident le regard vers l’horizon. Les mâts des bateaux, représentés par de fines lignes verticales, rythment quant à eux la surface de la toile.

Au premier plan, deux hommes sont appuyés sur la balustrade. Leurs silhouettes discrètes et leurs longues ombres permettent de situer la scène au début de la matinée. Ils semblent, comme le spectateur, prendre le temps d’observer le port.

Peindre les reflets et le mouvement de l’eau

L’eau occupe une place essentielle dans l’œuvre. Elle s’étend d’un bord à l’autre du bassin et reflète les façades, les coques et les mâts des embarcations. À l’aide de touches rapides et souples, Marquet suggère sa transparence et son léger mouvement.

Quelques traits suffisent pour faire apparaître les fenêtres des maisons ou les bateaux amarrés. Leurs reflets ne sont pas reproduits avec précision, ils deviennent des formes floues et ondulantes, transformées par la surface de l’eau. Cette manière de peindre donne à la scène une impression de simplicité et de spontanéité.

Une palette subtilement colorée

Albert Marquet a brièvement participé au mouvement fauve en 1905, aux côtés d’artistes qui utilisaient des couleurs particulièrement vives. Dans Port d’Audierne. Matin, sa palette est plus douce et mesurée.

Les teintes sombres de la colline verte et les masses mauves visibles à l’horizon encadrent la vaste étendue claire et lumineuse du bassin. Quelques touches de rouge, visibles sur un personnage et sur les voiles, viennent réveiller l’ensemble.

Par son cadrage, la simplicité de ses formes et la délicatesse de ses couleurs, Albert Marquet transforme une scène quotidienne en un paysage paisible et intemporel. Plus qu’une représentation du port d’Audierne, cette œuvre est une véritable étude de la lumière, de l’eau et du silence.

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